samedi 28 mars 2009

Sauter les descriptions, 15


Il entra dans la chambre presque obscure de la petite pension d’Evora où la Fugitive et lui traînaient depuis une semaine. Quand elle le vit arriver, elle ferma un peu plus les volets et le soleil ne fut plus qu’un rayon sur le visage de son premier amour. Le bruit du passeio de Diana s’étouffa. Elle noua ses bras autour de son cou. Après, ils restèrent en sueur sur le lit. Elle feuilleta le guide du routard Espagne-Portugal 1986. Elle demanda quand le garagiste pensait que le cabriolet 204 serait réparé. Il répondit qu’il n’en savait rien, qu’il n’était même pas passé se renseigner. Il avait juste cherché L’Humanité, sans succès. Ils convinrent que c’était déjà un miracle que la voiture ait tenu jusque-là. Le rayon rougit, arriva sur le sexe blond de la Fugitive. Le soir tomba, ils sortirent, se promenèrent dans la ville aux ruelles compliquées et somptueuses. Ils dînèrent en terrasse près d’une fontaine. Sexe, été, fontaine, vinho verde. Ils n’arrivèrent jamais en Algarve. L’Alentejo leur suffit.
Ce fut quelque chose l’Alentejo, en 1986.