lundi 16 février 2009

Sauter les descriptions, 4


Il était assis dans son fauteuil Voltaire et lisait. Le chat sauta sur ses genoux et ronronna. Il trouva soudain la situation beaucoup trop archétypale. Il se leva et prit le revolver d’ordonnance dans son bureau. Il l’arma et l’appliqua sur sa tempe. Puis il changea d’idée et visa le chat qui était resté comme une feignasse indifférente sur le Voltaire, à côté du livre. Mais il renonça et appliqua de nouveau le canon sur sa tempe. A moins qu’il tuât le chat d’abord et lui ensuite.
Il resta hébété, tout l’après-midi, le revolver d’ordonnance à la main, à mi-chemin de son bureau et du fauteuil Voltaire. A un moment, le chat ronronna plus fort, s’étira et fit tomber le livre.
Il sortit de sa torpeur, s’aperçut qu’il avait mal au bras d’avoir serré si longtemps la crosse du revolver.
Décidément, ça ne s’arrangeait pas.