mardi 15 décembre 2009

Des plaisirs, 3




Dans le lit vaste et dévasté
J'ouvre les yeux près d'elle ;
Je l'effleure : un songe infidèle
L'embrasse à mon côté.

Une lueur tranchante et mince
Echancre mon plafond.
Très loin, sur le pavé profond,
J'entends un seau qui grince...



                       Paul-Jean Toulet, Les Contrerimes


lundi 14 décembre 2009

Durruti, reviens, ils sont devenus fous!


A propos de la votation ethniciste organisée par les nationalistes catalans ce dimanche, on rappelle tout l'intérêt que le néo-libéralisme et Bruxelles trouvent à la création de micro-états sur des bases ethniques, plus aisément maniables par les lois du marché. C'est sur Causeur.

dimanche 13 décembre 2009

Des plaisirs, 2




"Marie m'a appris un jeu. Il fallait, en nageant, boire à la crête des vagues, accumuler dans sa bouche toute l'écume et se mettre ensuite sur le dos pour la projeter contre le ciel. Cela faisait alors une dentelle mousseuse qui disparaissait dans l'air et me retombait en pluie tiède sur le visage. Mais au bout de quelques temps, j'avais la bouche brûlée par l'amertume du sel. Marie m'a rejoint alors et s'est collée à moi dans l'eau. Elle a mis sa bouche contre la mienne. Sa langue rafraîchissait mes lèvres et nous nous sommes roulés dans les vagues pendant un moment."

Albert Camus, L'étranger, (Gallimard, 1942).

samedi 12 décembre 2009

Le temps, la révolution et la côte amalfitaine




Parle-t-elle de l'homme de sa vie ou du communisme? 
Peu importe, c'est la même chose, au bout du compte. Nous, nous sommes sur le point de terminer notre machine à remonter le Temps. Elle fonctionne à la nostalgie, au vin naturel et aux soupirs d'amoureuse. On n'a pas fait mieux comme carburant, d'après Hardellet et Sternberg. La machine est à la cave, entre les les Bourgeuil de Jacky Blot, les collections de vieux Fleuve noir spécial police illustrés par Gourdon et les VHS des films de Risi. 
Si on ne s'est pas trompé dans nos calculs, on devrait arriver du côté de Positano ou Amalfi, aux alentours de l'été 1964. On va vous laisser avec les clips de l'UMP(1), Besson, les licenciements massifs, les néo-ss rurbains, les névrosés, les postchocs, facebook, le réchauffement climatique. 
On ne déserte pas. On va juste essayer de changer le cours de l'histoire. Enfin, avant, on prendra quant même quelques jours sur la plage et puis on dînera un de ces soirs avec Catherine Spaak, Monica Vitti et Françoise Hardy, bien sûr. Quelque part du côté de Sorrente. Parce qu'on est snob et sensuel. Et que l'on veut entendre leurs rires se faire un peu rauques dans la nuit et voir leurs pommettes rougir sous l'effet du limoncello.
Après, promis, on fait la révolution. Quant on reviendra, ça fera au moins trente ans que vous vivrez dans une société réellement communiste, sexy, poétique et balnéaire. Pas la peine de nous remercier. On a toujours eu un bon fond.
En attendant, écoutez.

(1)On vient de consacrer à cette risible et symptomatique  affaire un article sur Causeur.


vendredi 11 décembre 2009

Des plaisirs




« Les heures où l’on va se coucher traduisent l’agrément des conversations » (15 octobre 1989)

Guy Debord, Correspondance, volume 7 (Fayard)

BABOUSE HEBDO, 3


L'inédit du camarade dessinateur Babouse qui travail pour de nombreux journaux émancipateurs (Huma, VO, Stal et Cuir 62, etc...) .

jeudi 10 décembre 2009

Sauter les descriptions, 27


Il se rendit chez le médecin qui l'examina brièvement puis lui demanda:
-La couleur du ciel ?
-Blanc, docteur.
-Depuis longtemps ?
-Depuis toujours.
-Mais non…
-Mais si…
-Hypothèse ?
-Absence de couleur, reflet de l’âme.
-Vous êtes blanc, donc ?
-Oui.
-Comme neige ? Comme l’agneau qui vient de naître ?
-Non, blanc comme l’angoisse. Blanc comme la peur, le péché, le néant. Blanc comme la mort.
 Il eut le droit à un peu de chimie mais revint quelques jours plus tard.   
 -Alors, le ciel, toujours blanc ?
-Toujours…
-Vous êtes atteint, mon vieux…
-Ah bon…
-Oui, classique. Vous êtes resté trop longtemps sur le front du Spectacle. SRDA…
-Quoi ?
-Syndrome Rigaut-Drieu Acquis. Une maladie de la fin du monde. Mon confrère Michel Bounan l’appelle aussi alexithymie. Il l’a diagnostiqué dans la Vie Innommable.
-Symptômes ?
-Ne plus « avoir les mots pour le dire », se retrouver dans une situation monstrueuse où il apparaît vital de participer à un système qui vous tue. Paradoxe intenable. Enfin, il faut dire que vous faisiez partie des groupes à risques…
-Un espoir ? Un traitement ?
-Ecrire. Ecrire encore. Ecrire toujours. Je ne vous garantis rien, cependant.





mercredi 9 décembre 2009

QUE VIVA EVO MORALES!

On célèbre la magnifique victoire électorale du président de la Bolivie et de son parti, le MAS (Mouvement pour le socialisme)
On le fait sur CAUSEUR(1)












(1)qui n'est pas le site monocolore que se plaît à moquer l'obsessionnel CSP qui ferait mieux de s'occuper de l'unitééééé du NPA. Mais on en reparle bientôt.

mardi 8 décembre 2009

JE VOUS SALUE, SUBLIMES ORCHIDOCLASTES!


Les coeurs purs d'Athènes remettent le couvert un an après, jour pour jour, que leurs glorieuses émeutes, consécutives à l'assassinat par la police de l'un des leurs, eurent fait vaciller l'Etat Grec. Puissent-ils cette fois-ci achever la charogne et mettre le feu prolétarien à toute l'Europe!

"Il est dur de lutter contre son désir car ce qu'il veut s'achète à prix d'âme." Héraclite, Fragments (trad Roger Munier, Fata Morgana)

lundi 7 décembre 2009

Identité Internationale


Dès 1936, des milliers de volontaires anti-fascistes du monde entier (70 nationalités) rejoignent les rangs républicains, pour la plupart dans les Brigades Internationales. Parmi les 35 000 Internationaux, on comptait 10 000 Français, 5 000 Allemands et Autrichiens, 5 000 Polonais, 3 500 Italiens, 2 800 Américains, etc.. L’Espagnol Gonzalez, dit « El Campesino », les Français André Marty, Charles Tillon, Rol-Tanguy, le futur Colonel Fabien et, hors des Brigades, André Malraux, l’Allemand Walter Ulbricht, le Bulgare Georges Dimitrov, le Yougoslave Josip Broz, dit Tito, les Italiens Nenni et Togliatti furent responsables ou simples combattants internationaux. 10 000 hommes des Brigades furent tués au combat.
On n'oublie pas, certainement, un bon nombre de "truies" juives qui ont explosé du phalangiste  et du franquiste à la dynamite pendant la bataille de la Cité Universitaire ou celle du Paso del Ebro. Le pont des Français tiendra. Rien ne passera.