vendredi 25 juillet 2014

Propos comme ça, 6:

Ecrivain embrassant une chimère. allégorie






"Il est exclu de retrouver des survivants". Communiqué du ministère des transports pour le crash du AH 507. Penser à s' habituer à cette phrase dans les années qui viennent.


"Ils gagnèrent le fond de la grotte profonde
où, demeurés ensemble, ils se livrèrent au plaisir."


Il est tellement évident qu'un jour nous ne rentrerons pas.


L'Odyssée, on aura beau dire, c'est quand même l'histoire d'un gigantesque acte manqué. L'histoire d'un type qui prétend vouloir rentrer chez sa femme et met dix ans à le faire parce qu'il rencontre des nymphes, des sorcières, des princesses, des sirènes, un cyclope et même des morts.

"Bientôt l'aube survint trônant dans l'or, qui réveilla Nausicaa la bien vêtue" 



"Puis, une fois baignées et tout enduites d'huile fine
les filles prirent leur repas sur les rives du fleuve,
attendant que le linge aux feux du soleil eût séché."


Il s'aperçut soudain qu'il devait être un des derniers types nés dans les années soixante qui ne se sentait pas obligé d'avoir du poil sur le visage.


Mélenchon prend du recul car il est fatigué. Deux remarques: il est vrai que le narcissisme, ça use. Pas persuadé non plus que ce soit forcément une mauvaise nouvelle pour le Front de Gauche. Bon, je retourne me baigner.

Par son instrumentalisation de l'antisémitisme, son désir de rabaisser la France Libre et sa politique de larbin du capitalisme, Manuel Valls est l'exemple même de la pourriture en politique. Il est évident que ma "discipline républicaine" qui consistait à voter socialiste en me bouchant le nez au deuxième tour, il peut désormais se la carrer définitivement et profondément dans l'oignon.

Une bonne partie de sa vie, il avait essayé de transformer des beautés renversantes en beauté renversées. Avec des fortunes diverses, il faut bien le dire.

Je suggère à Manuel Valls d'envoyer des drones pour la prochaine manifestation, voire de procéder à des exécutions ciblées. Il est un peu couille molle, avec ses petites interdictions, là. 



Une des rares choses qu'il aimait: être nulle part. Et il y arrivait de mieux en mieux. Il ne desespérait d'ailleurs pas, un de ces jours, de se perdre définitivement de vue.




Du mal à ne pas être hanté des jours-ci, après la rédaction d'un article sur SF et écologie, par le titre d'une novella de James Blish qui semble résumer parfaitement ce que cette époque nous réserve: " Nous mourrons nus."  
 
    

mercredi 23 juillet 2014

Exergues possibles pour des mémoires désobligeants, 13

"Je m'endormis donc en me sentant une mentalité d'aventurier jeune, optimiste et bien portant. Il ne me vint pas à l'esprit une seconde que cela était peut-être aussi une définition du con de base."
  Et puis les chiens parlaient, de Kââ.

lundi 21 juillet 2014

L'Ange Gardien, bonnes feuilles dans le Progrès

Cette semaine, le premier chapitre de L'ange gardien, à paraître le 4 septembre chez Gallimuche, est en feuilleton dans Le Progrès.

De Gaulle, reviens, nous sommes devenus fous.

Cinq regrets pour un été de poudre


1. Je regrette l’époque où la France avait encore une diplomatie qui lui aurait permis de faire s’asseoir Israël, le Hamas, l’Autorité Palestinienne, les USA et un ou deux pays arabes autour d’une même table dans une de nos grandes demeures de la République, légèrement excentrée, qui sont souvent des châteaux, histoire de donner sa chance à un processus de paix. À Rambouillet, à Champs-sur-Marne ou à Marly-le-Roy. Les accords de Marly-le-Roy, ça aurait quand même eu quelque chose d’un peu mois mortifère que cet été de tous les dangers. Mais la France, depuis son alignement méthodique sur l’Europe, elle-même alignée sur les USA, depuis Sarkozy l’Américain et Hollande l’homme qui voulait aller bombarder Damas tout seul,  n’a plus de « politique arabe » comme on disait, avant… Aucune voix originale, c’est à dire héritée du gaullisme, à faire entendre en ces jours qui sentent la poudre et le sang. Mais ça va faire plus de dix ans, ça, de toute façon. Au moins depuis le discours de Villepin à l’ONU
2. Je regrette que l’on ne pense pas plus, au hasard et dans le désordre, aux communistes israéliens, aux gays ou aux ivrognes gazaouis, aux féministes palestiniennes, aux manifestants pacifistes de Tel-Aviv, bref aux derniers civils, à ceux qui- consciemment ou non – refusent d’enfiler un treillis mental. Il faudrait leur dire qu’on les aime, ces bisounours admirables.
3. Je regrette l’époque où un président, un Premier ministre  et un ministre de l’Intérieur n’interdisaient pas des manifestations dans un mélange de lâcheté et de cynisme, de machiavélisme à la petite semaine et de trouille devant un communautarisme qui n’a rien d’irréversible pour peu qu’on donne à tous l’impression de vivre dans le même pays, aussi bien sur le plan des valeurs que sur le plan économique. Faire passer une manifestation « propalestinienne » par Barbès et Château-Rouge… Autant que les CRS fournissent directement les cocktails Molotov aux manifestants.
4. Je regrette que la gauche de la gauche, comme on dit, ayant fait du Palestinien la figure ultime du damné de la terre alors qu’il y en a d’autres, accepte de manifester en compagnie de femmes voilées, voire de barbus abrutis qui comparent nazis et israéliens. La religion, opium du peuple, soupir de la créature accablée par le malheur, ça ne vous dit rien les gars ? Il n’est tout de même pas si compliqué de manifester pour "la paix maintenant", de critiquer la violence de la riposte de  Tsahal sans pour autant frayer avec la lie antisémite qui commence à prospérer dans les banlieues où quelques salopards religieux aident toute une jeunesse à se tromper de colère.
5.  Je regrette qu’un Premier ministre comme Valls, alors que la France aurait plus que jamais besoin de se voir un peu plus belle qu’elle n’est, pour tenir le choc contre cette importation sauvage du conflit israélo-palestinien, en rajoute dans l’automutilation repentante lors du discours sur le 72ème anniversaire de la Rafle du Vel d’Hiv avec un retentissant : « Oui, la France était à Vichy ».  Eh bien non, la France n’était pas à Vichy, monsieur Valls, la France n’est pas comptables des crapuleries d’une collaboration avec le nazisme dans sa grande lutte contre le « complot judéobolchévique » Oh, et puis quelqu’un expliquerait ça beaucoup mieux que moi à Valls, quelqu’un qui a écrit : « Le 17 juin 1940 disparaissait à Bordeaux le dernier gouvernement régulier de la France. L’équipe mixte du défaitisme et de la trahison s’emparait du pouvoir dans un pronunciamento de panique. Une clique de politiciens tarés, d’affairistes sans honneur, de fonctionnaires arrivistes et de mauvais généraux se ruait à l’usurpation en même temps qu’à la servitude. Un vieillard de 84 ans, triste enveloppe d’une gloire passée, était hissé sur le pavois de la défaite pour endosser la capitulation et tromper le peuple stupéfait.” C’est  de Charles de Gaulle. C’est le discours prononcé pour le premier anniversaire de la France Libre, le 18 Juin 1941. Il manque, là, De Gaulle. Vraiment.
paru sur Causeur.fr

mercredi 16 juillet 2014

Une tentative d'explication


Un quart de siècle, ou presque: février 90, septembre 14...Et cette réponse à un ami qui me demande pourquoi ce virage vers le noir après un premier roman hussard et hédoniste: 

"Tu sais bien, toi qui m'as lu il y a longtemps... Les cabriolets 304, la plage, mes éditions originales et les filles en espadrilles, je ne demandais que ça. Mais à chaque fois que j'écoutais les infos, entre deux chansons de Christophe, boum, je redevenais communiste! Pas possible d'être heureux tout seul! C'est pas par amour de l'humanité, j'ai aucun mérite, c'est physique...Un genre d'allergie... D'allergie française si je puis me permettre. Et du coup, le cabriolet change de direction, je  fonce sur le Palais d'Hiver et je braille l'Internationale..."

lundi 14 juillet 2014

Pivoine

Ce midi, j'ai mangé un lapin que j'ai vu être tué. J'ai en cela répondu à un souhait de Serge Quadrupanni qui m'a dit qu'on ne devrait avoir le droit de manger un animal que si on l'a regardé dans les yeux avant.  Il a été cuisiné (le lapin, pas Serge) à la moutarde violette de Brive avec des carottes, des champignons, des olives et des cerneaux de noix. Il y avait aussi des rates du Touquet, à part, cuites à la vapeur. Je l'ai accompagné par un cheverny, un Pivoine de Villemade, pour ceux qui savent. 
Je suis sûr d'une chose, j'ai eu infiniment plus de respect pour ce lapin que tous les "végans" qui commencent à me les briser menu.

Un tombeau pour Nanard



Mon ami, cet inconnu de François Cérésa (Pierre Guillaume de Roux éditeur)

Il est impossible, en lisant le dernier livre de François Cérésa, Mon ami, cet inconnu, de ne pas penser au Feu Follet de Drieu et à ses codicilles couleur de ténèbres, L’adieu à Gonzague et La valise vide. Le tombeau pour l’ami suicidé est toujours un exercice délicat. Il faut savoir trouver un équilibre précaire entre les larmes retenues et le sourire crispé, la colère qui pointe derrière la nostalgie et la culpabilité de n’avoir pas su comprendre à temps. Le seul moyen est dans l’élégance. Celle de Cérésa est à la fois brutale et sensible, servie par un style un peu voyou de castagneur habitué aux fins de nuit arrosées où l’aube, à défaut d’arriver comme une rédemption, permettra au moins de continuer un jour de plus.
L’ami de Cérésa s’appelait Nanard. Nanard n’a pas triché avec le suicide contrairement à d’autres que l’auteur ne porte pas dans son cœur : « Je hais les désespérés qui meurent dans leur lit. Je hais les pessimistes qui vous assomment avec leur cynisme, leur Cioran, leur nihilisme. Toi, tu étais l’optimisme. L’optimisme inquiet, sombre, agité, qui ne tenait pas en place. Mais l’optimisme, le vrai. L’optimisme sans espoir. Celui qui n’emmerde personne avec ses aigreurs. Celui qui finit par franchir le pas. » Ce fut le cas pour Nanard. À 59 ans, il a tiré sa révérence volontairement, avec une corde.
Pour saisir la silhouette de Nanard, il faut remonter aux années 70, cette décennie qui ressemble de plus en plus pour ceux qui l’ont connue à une Atlantide dont les seuls souvenirs sont ceux des filles qui ont vieilli et des bistrots qui ont disparu. Une Atlantide confondant ses frontières avec un Saint-Germain-des-Prés qui brûlait ses derniers feux avant la mise aux normes spectaculaire-marchande : « On adorait ce quartier. Son église mérovingienne où sont enfermées les dalles funéraires de Descartes et Boileau, ses concerts de musique sacrée, son parfum de truffe noire. Seulement voilà : le drugstore, les Assassins, le père Petrov, le Twickenham, chez Dédé, les Saint-Pères ont fermé boutique. Saint-Germain des Prés est devenu Saint-Germain-des-Pieds. On avait en horreur la fripe. La fripe nous a taillés un costard. »
Nanard, Cérésa en dresse un portrait sans concession. C’est la rançon d’une sincérité écorchée par la mélancolie, cet autre nom du temps qui passe. Nanard, c’était des cils de jeunes filles et des manières de soudard, une propension à piquer les petites amies des copains et à vieillir à l’envers entre cent métiers différents, des histoires d’amours ratées, des plans tirés sur la comète des illusions perdues : « On est inconscient à vingt ans, toi tu l’es devenu en vieillissant ».
Il faut croire que Nanard était le seul à être vraiment sain d’esprit dans un monde malade puisque pour faire semblant d’y vivre, il lui a fallu tenir avec l’alcool à haute dose et la chimie anxiolytique, le Médoc et les médocs. Pourtant, les choses étaient bien parties, sous le signe du cinéma de Losey et des westerns italiens, de Nerval et du « Pénitencier » joué à guitare. Il faut croire, aussi, que cela ne suffisait pas.
Le pire, c’est qu’un ami suicidé est miroir impitoyable pour soi et pour l’époque. Cérésa ne se rate pas non plus : il parle de son cancer, de ses lâchetés, de ses indifférences sans pathos mais sans pitié. Après tout, lui a choisi de continuer dans ce monde-là où si l’on a pu discuter avec Blondin, Nucera, Boudard ou Jacques Laurent, où s’il y a eu des étés à l’Ile de Ré qui ressemblaient à un film de Michel Lang, il faut désormais se fader un réel qui se paume dans le virtuel avec pour contemporains « ces geeks, nerds et nolife qui carburent au Net pour tirer leur crampe. »
Mais quand on a terminé Mon ami, cet inconnu, on se dit tout de même qu’il fait bien de continuer, Cérésa. Sinon, la littérature y perdrait et la littérature, c’est tout ce qui nous reste, au bout du compte.
paru sur Causeur.fr

dimanche 13 juillet 2014

Il est l'été depuis toujours, Pirotte.



Juillet gris.
Remplacer la messe par une lecture picorante d'Il est minuit depuis toujours.
Prier pour Pirotte. Se demander où il passe l'été, du coup, depuis qu'il est mort.
Il aimait la pluie, à Rethel ou dans les villages de la Haute-Marne inondés, enlacés plutôt, par la crue.
A moins qu'il n' ait choisi de se perdre dans cette contrée où rien ne nous ressemble, cette regio dissimulationis dont parle Saint-Augustin. Ce serait bien son genre.

Après, on ira préparer le carpaccio et les pâtes fraiches maison. On hésitera entre un chinon de Lenoir, un bourgueil de Jacky Blot ou alors, on délaissera le cabernet franc pour voir comment se comporte le Patrimonio de Vincent Arena.
On décidera en temps voulu.

"Quelquefois, je me sens bien. C'est alors, en somme, que ça va le plus mal."

samedi 12 juillet 2014

Exergues possibles pour des mémoires désobligeants, 12

"Ce n'est pas parce que la vie n'est pas élégante qu'il faut se conduire comme elle."
Françoise Sagan, Des bleus à l'âme.

vendredi 11 juillet 2014

L'ange gardien: premiers chapitres en avant-première...

...pour les heureux habitants de Lyon, du Rhône, de l'Ain, de l'Isère, de la Loire, de la Haute-Loire et du Jura qui pourront les lire cet été dans Le Progrès.

mercredi 9 juillet 2014

Non, ce n'est pas de votre faute

Arrêtez le Lexomil, le Deroxat, le Stilnox, le Prozac. On s'en doutait, c'est confirmé. On remercie pour cette jolie découverte iconographique l'anonyme du 9 juillet à 1H58 qui nous a communiqué ce document. Il nous rappelle par ailleurs ce passage de L'Insurrection qui vient, le livre préféré d'Alain Bauer, qui disait à peu près (on cite de mémoire): "Nous ne sommes pas déprimés, nous sommes en grève."

mardi 8 juillet 2014

lundi 7 juillet 2014

Propos comme ça, 5

Tiens bon, camarade Jérôme, tiens bon, nous arrivons!
Michel Sapin a une bonne tête. D'ailleurs si vous votre langue fourche, vous pouvez très bien dire Michel Sympa. C'est presque pareil. Presque seulement. C'est pour cela qu'il faudra ne pas s'apitoyer lors de sa pendaison.

Michel Sapin aime la bonne finance comme d'autres aiment la bonne came. Michel Sapin est un toxico. Il ne faudra pas l'exécuter à la Libération, mais le soigner car c'est d'abord un malade. Après, quand il sera guéri, il pourra reprendre une vie normale auprès de ses amis traders et patrons au goulag de Cayenne. Mais après seulement.

Se faire mettre ou se faire maître, telle est la question.

Dette de l'UMP de 80 millions d'euros: il faut appeler d'urgence la troïka pour équilibrer les comptes. Baisse des salaires, baisse des retraites, augmentation de la durée hebdomadaire du temps de travail, suppression de la sécu, licenciement massif. L'UMP, c'est la Grèce. Mais sans le ciel bleu.

Dette de l'UMP de 80 millions d'euros. Fillon n'a pas de chance: il est encore à la tête d'un truc virtuellement en faillite.   

"La défaite française contre l'Allemagne indique qu' il faut accélérer les réformes structurelles qui permettront la modernisation de notre pays." Manuel Valls. 

Quand j'entends Sarkozy parler des juges, j'ai l'impression de me retrouver dans un film d'Yves Boisset. Genre Le Juge Fayard. Ce côté vintage de Sarkozy, finalement: la goinfrerie du pompidolisme immobilier avec costume à rayures, les truands au service du patronat, le Parquet à la pogne.

D'après une étude de l'université Claude Guéant de Dubaï, l'espérance de vie d'un flic du pôle anti-corruption, en cas de retour de Sarkozy au pouvoir, serait légèrement inférieure à celle d'un Arabe avec un drapeau ostentatoire à Nice.

Nicolas Sarkozy en gardav'. Mauvaise nouvelle: si on s'en tient à la jurisprudence Balkany, il va être réélu en 2017 dès le premier tour avec 73% des voix.

Les débordements des supporters de l'Allemagne durent depuis des années, notamment dans les médias. Je demande l'interdiction du merkelisme ostentatoire de la part des chroniqueurs économiques sous peine de leur voir retirer leur double nationalité de franco-larbins du capitalisme.    

Paul Barril, barricadé et armé, chez lui, s'est finalement rendu: "Je voulais juste me défendre contre une victoire possible de l'Algérie."
 
Vous préférez avoir des jambes en gâteau de Savoie ou que Nicolas Sarkozy n'ait plus de comptes à rendre à la justice?
96% des français dénoncent l'acharnement judiciaire contre l'ancien président de la République. (Sondage du Point.fr)
 

samedi 5 juillet 2014

C'est ça, le disneyland préfasciste.

Aucune envie de prendre les paris et pourtant: après l'horreur d'Albi,  les "débats" ne porteront ni sur la grande misère de l'école, ni sur l'image dévalorisée des enseignants dans l'opinion grâce à une démagogie dégueulasse et pluridécennale,  ni sur les manques de moyens tragiques dans le soin des malades mentaux en France, mais sur le fait que la meurtrière se prénomme Rachida et qu'elle était "bien connue des services de police"
C'est ça, vous voyez,  vivre dans un disneyland préfasciste.
Ou comme le disait le regretté Gilles Chatelet, "vivre et penser comme des porcs"

jeudi 3 juillet 2014

Transféré devant les juges le 4 septembre.

Sale tronche? Au bout de dix-huit heures de gardav' avec qui vous savez, je voudrais vous y voir, moi.Passage devant les tribunaux le 4 septembre. Et une page "officielle" sur FB.

dimanche 29 juin 2014

La bécasse cynique

Najat Valaud-Belkacem veut créer une fête du sport sur le modèle de la fête de la musique dès 2015.
Dès la rentrée sociale 2014, moi,  je veux créer une fête de la bécasse sociale-libérale.
On rappellera en effet que NVB est aussi de fait, ministre de la jeunesse, c'est à dire ministre du chômage de masse, de la précarité, de la stagiairisation à vie et du suicide comme première cause de mortalité chez les moins de 25 ans. 
 J'ai bien une idée de lui dire où se mettre ses panneaux de baskets mais ça manquerait d'élégance et on est vite taxé de misogynie quand on dit d'une femme politique qu'elle peut-être aussi conne, cynique ou démago, au choix, que ses homologues masculins.

samedi 28 juin 2014

Antonioni écrivain: "Je commence à comprendre."

Soyons honnêtes, Antonioni, pour nous, ce fut d’abord Monica Vitti. Monica Vitti dans L’éclipse, Monica Vitti dans L’aventura, Monica Vitti dans La notte, Monica Vitti dans Le désert rouge. Aragon trouvait que « Vézelay, Vézelay, Vézelay, Vézelay. » était le plus bel alexandrin de la langue française ; nous, nous préférons « Monica, Monica, Monica, Monica ». On ne s’en est jamais remis, touché par la grâce efficace de cette silhouette blonde au visage corrégien qui traversait en petite robe noire la nuit romaine, les années soixante et notre cœur d’adolescent cinéphile. Oui, le cinéma d’Antonioni, c’était d’abord ce corps-là si présent, si évident que nous pouvions bien oublier notre léger ennui snob à regarder ce que tout le monde nous présentait comme « les chefs d’œuvre de l’incommunicabilité ». Nous ne comprenions pas grand chose, à vrai dire et si nous avions revu plusieurs fois Le désert rouge par exemple, c’était pour cette manière dont Monica Vitti étirait les manches d’un pull en cachemire afin de recouvrir la paume de ses mains, dans ce geste mélancoliquement sensuel qu’ont les filles frileuses ou inquiètes.
Et puis on vieillit et les perspectives s’inversent.
Et l’on comprend que si on a trouvé Monica Vitti si belle, c’est grâce à Antonioni. Bien sûr, elle est belle sans Antonioni mais c’est Antonioni qui donne à la beauté de Monica Vitti un sens, qui a pu comprendre de cette beauté qu’elle serait la seule à pouvoir incarner ce qu’il avait à dire. C’est grâce à Antonioni que nous avons appris à regarder Monica Vitti avec un œil neuf, une Monica Vitti désemparée dans ces non-lieux de la modernité que le cinéaste cartographiait avec quarante ans d’avance : salles des marchés où s’abolit le réel dans une fièvre abstraite, nouveaux quartiers aux luxueuses résidences impersonnelles, villes portuaires anonymes entre chantiers et usines. Et à chaque fois, le désert de l’amour au cœur du couple, ce désert qui prenait en ce temps-là une dimension nouvelle, celle de « la perte de tout langage adéquat aux faits » comme aurait pu le dire Guy Debord.
Alors, forcément, nous nous sommes jetés sur « Je commence à comprendre » qui vient de paraître aux éditions Arléa et qui recueille en moins de soixante-dix pages des fragments, des notes et des aphorismes d’Antonioni sur plusieurs décennies. Autant vous prévenir tout de suite, voilà un petit texte qui risque fort de vous hanter, que vous aimiez ou non son cinéma. Dans cette plaquette parue à l’origine en 1999, Antonioni se révèle un grand, un très grand écrivain. Il est vrai que Rimbaud n’a eu besoin de guère plus d’espace pour recréer le monde. Antonioni, contrairement à ses personnages, trouve à chaque instant le langage « adéquat aux faits ». Peut-on imaginer résumé plus clair de son esthétique que dans l’aphorisme suivant : « Peu importe qu’il dise des mensonges, on voit plus clair en lui quand il ment que lorsqu’il dit la vérité. ». Et comment ne pas voir ici en filigrane le personnage de courtier joué par Delon dans L’Eclipse ?
La forme courte demande une vraie virtuosité qui offre les mêmes joies que le poème, la même déstabilisation heureuse du sens. Antonioni maitrise impeccablement cette technique : « J’ai souvent le désir de me venger mais ils sont tous en vacances. » Des croquis d’atmosphère à l’esthétique toute chinoise avec ciels, fleurs, brumes et oiseaux voisinent avec de brefs portraits d’actrices, hélas pas celui de Monica Vitti mais, par exemple, de la toute jeune Brigitte Bardot pressentie à seize ans pour un rôle dans Les Vaincus : « Elle est jolie, éveillée, désinvolte, très française, malgré sa mère et une grand-mère italienne. Elle enlève son chemisier, enfile son pull, le retire, remet son chemisier. Elle fait tout avec une désarmante candeur immorale mais de façon si naturelle que j’ai honte de mes pensées, décidément trop italiennes. »
On aimera aussi et surtout, pour finir, dans Je commence à comprendre, cette énergie froide des désespérés quand ils sont des créateurs, cette joie terrorisée d’être au monde, et cette élégance qui n’exclut pas une forme d’humour décalé parce qu’il n’y a pas, au bout du compte de vraie génie sans un certain sourire : « Depuis des années, je ne crie plus. L’autre jour, je suis allé au milieu d’un champ et je me suis mis à hurler. Je croyais être seul, mais un vieux qui n’était pas trop loin s’est approché et m’a offert un bonbon. »
Je commence à comprendre de Michel Angelo Antonioni (traduction de Jean-Pierre Ferrini, Arléa).
paru sur Causeur.fr

vendredi 27 juin 2014

Pierre Laval is not dead

Il y aura, pour cette coupe du monde, un match Allemagne-Algérie.
Vieille habitude historique, il va y en avoir un paquet à droite de la droite, mais pas seulement, pour souhaiter la victoire de l'Allemagne au nom de la construction européenne et des vitrines du centre-ville. Cet inimitable mélange, décidément, dans une certaine France entre l'habitude de se coucher devant le plus fort en espérant que sa force rejaillisse sur soi tout en entretenant un poujadisme trembleur à l'égard des plus faibles. La sainte-alliance du larbinat et du nerf de boeuf sous le comptoir, du "Ils sont corrects et puis après tout ce sont les vainqueurs" à "Je vais te faire courir, moi, bougnoule." 
Rien ne change. Badiou parlait avec De quoi Sarkozy est-il le nom? du transcendantal pétainiste dans l'histoire de France, qui s'était incarné de manière chimiquement pure avec Pétain, mais avait déjà existé avec Thiers et existait encore avec Sarkozy, entre autres. 
Il faudrait peut-être aussi parler d'un transcendantal lavaliste ou lavalien, Pierre Laval ayant ajouté ce côté Homais, ce côté Dupont-Lajoie dans la prosternation devant l'Allemand, ce côté boutiquier pétomane qui prête main forte à la ratonnade ou au cassage de la grève quand il est bien sûr d'être à un contre cent. Et qu'il espère des caresses de son maître à qui il conseille de ne pas oublier les enfants, après avoir bien mordu et bavé.

jeudi 26 juin 2014

Hasard objectif


C'est l'histoire d'un hasard objectif, aurait dit Breton: Dominique Forma et Michael Mention, des copains du polar peuvent en témoigner, c'était il y a une quinzaine de jours, assez tard le soir au Terminus Nord. Jean-Claude Brisseau que je tiens tout de même pour un cinéaste majeur de ce temps était dans la salle de la brasserie devant un plateau de fruits de mer alors que trois jours auparavant j'avais revu La fille de nulle part sur le câble et que j'avais éprouvé du coup l'irrésistible envie d'enquiller quatre DVD du même Brisseau, dans une de ces insomnies cinéphages qui me prennent périodiquement.
Je cherche toujours un sens à ce hasard objectif qui est l'appellation surréaliste de la Providence. Je n'en vois qu'un. Il me faudra d'une manière ou d'une autre écrire sur Brisseau one of these days. C'est d'ailleurs assez cohérent avec l'oeuvre du cinéaste, ce mode de révélation, tous ses films étant peuplés de signes annonciateurs à la limite du surnaturel.

mercredi 25 juin 2014

De Béziers au Pontet, le FN fait la guerre aux pauvres.

Electeurs du FN à Béziers et au Pontet qui se demandent s'ils n'ont pas fait une connerie, finalement.
Ici, à Feu sur le Quartier Général, notre ligne contre le FN est claire. Pas d'antifascisme en peau de zob, pas d'appel à prendre le maquis, pas de belles poses pour la photo. Pour la bonne et simple raison que le FN n'est pas un parti fasciste, ou plus exactement il l'est uniquement dans la mesure où il est instrumentalisé plus ou moins consciemment par un capitalisme aux abois qui en joue comme d'un repoussoir, pour l'instant, mais pourra aussi bien en faire son ultime rempart le jour venu. Ca s'est vu.
On ne va pas non plus être dans le déni. Le vote FN est un vote de pauvres qui ont tout perdu, même leur conscience de classe et les "mots adéquats aux faits" comme disait Guy Debord. Le barbu de Trèves en son temps appelait ce dénuement au carré le lumpen prolétariat. Le prolétariat en lambeaux.
Donc, la seule attaque possible contre le FN, c'est sur ce qu'il fait effectivement contre les pauvres quand il est au pouvoir (municipal). Ca nous rappelle, du coup, la phrase du meilleur copain du barbu de Trêves: "La preuve du pudding, c'est qu'il se mange." Il est inutile de dire au pauvre qu'il est fasciste ou raciste. Il s'en fout. En revanche, jour après jour lui dire, qu'à défaut d'être un salaud, il est surtout un peu con, d'une connerie qui serait celle de la dinde se réjouissant de l'approche de Noël, ça c'est possible. On vous a déjà parlé de la pénible honteuse Ménard à Béziers qui supprime la garderie pour les chômeurs dont un bon nombre avait voté pour lui.
Aujourd'hui, c'est le maire du Pontet qui se distingue dans la violence sociale la plus crasse. Il s'appelle Joris Hébrart et veut responsabiliser ces salopards d'assistés en supprimant la cantine gratuite pour les familles qui sont de fait, les plus démunies. Lui aussi, comme Ménard, il tire dans le dos de son propre électorat à peine élu. 
C'est cela qu'il faudra expliquer, inlassablement.

mardi 24 juin 2014

Exergues possibles pour des mémoires désobligeants, 10

"Aussi, n'avais-je à peu près rien changé à l'ordinaire de ma vie. Je me levais à dix heures du matin et ne faisais rien d'autre, pendant la journée, que lire des romans d'aventure et flâner par les rues."
Marcel Aymé, Le vaurien

Exergues possibles pour des mémoires désobligeants, 9


« La qualité justifie tout, dans chaque domaine où elle est présente. Je n’ai moi-même, comme vous savez, disposé d’aucune « fortune personnelle ». C’est ce qui m’a contraint à truander, en somme, dès ma folle jeunesse, et depuis. Mais je ne l’ai fait que dans les limites plutôt strictes que traçait ma « façon de penser », et dans la seule intention de préserver mon indépendance, sur une telle base, ainsi que les principaux de mes goûts. Comme ne figuraient pas, parmi ces goûts, celui de me spécialiser outre mesure, ni celui de faire des concessions, à aucune espèce de public, vous pensez bien que mes quelques talents ont été tout au plus suffisants pour me maintenir dans ce qui peut être considéré comme une honorable gueuserie."  
Guy Debord, Correspondance, volume 7, lettre du 2 octobre 1992

Le charme de ces interminables soirées d'été


Je vis venir à moi, dans les grands roseaux verts,
La belle fille heureuse, effarée et sauvage,
Ses cheveux dans ses yeux, et riant au travers.

Victor Hugo, célèbre poète de la révocul en Chine pop.

Propos comme ça, 4

Michel Foucault: une pensée capitale pour notre temps et un témoignage poignant des dérives vestimentaires des années 70. Le sous-pull, ce douloureux problème.


Rama Yade battue à la présidence du Parti radical. C'est bien la première fois que je me suis intéressé au Parti Radical, moi. Et la dernière, du coup.
 
 
Avignon: surpris, l'amant saute par le balcon et se blesse grièvement. (Parisien). Pas la peine d'en faire tout un festival pour ces intermittents de la fidélité.


Quand il apprit la sortie le 25 juin de Under the skin avec Scarlett Johansson nue durant tout le film, il décida de remettre son suicide à plus tard.
 
 
La plus jolie de mes adresses, c'était il y a vingt-cinq ans, à Valenciennes: 10, rue de la Nouvelle-Hollande. J'y ai repensé après avoir relu La pluie à Rethel de Jean-Claude Pirotte: le vent dans les arbres, les canaux, le trop plein de ciel, la jeunesse.
 
"J'ai le temps maintenant que je suis à la retraite. J'ai regardé tous les matchs, même URSS-Corée du sud." Brève de comptoir, au carrefour Saint-Maur. Je l'aurais embrassé, le vieux.
 
"Très net: quelque chose a changé.
Perceptible dès le matin, très tôt, quand la lumière du jour ne passait pas encore par le croissant des volets.
Oui, ces volets anciens où des croissants sont découpés.
A midi, c'est éclatant. Quelques jours seulement d'un printemps précoce?
Mais non, il y a plus.
Presque l'été."
Frédéric Berthet, Paris-Berry, "Le bonheur, l'été"
 
 
 
 
 


samedi 21 juin 2014

L'éternel retour


L'été. 
C'est à dire, évidemment, l'éternel retour. 
C'est à dire, évidemment, la toute divine Catherine Spaak qui se réveille, adolescente, dans La Parmigiana, version amusée et sensuelle de La belle matineuse façon Dolce Vita.
Une minute et vingt neuf secondes d'éternité. 
Je vous aime.

Didier Migaud nous a quittés

Didier Migaud, président de la Cour des Comptes, magistrat intègre, vient de nous quitter. En effet, ayant décidé un audit du coût pour la Nation de la casse sociale engendrée par les recommandations de la Cour des Comptes depuis dix ans, il s'est aussitôt tiré une balle dans la tête à la lecture des résultats, après avoir abattu tous ses collègues. 
Ciao, Didier, tu étais un grand monsieur.
(source FQG)
Le peuple, effondré, a explosé de douleur à la disparition soudaine de Didier Migaud.



vendredi 20 juin 2014

Triangulation

On vient d'apprendre que Florian Philippot, le numéro 2 de Marine Le Pen "soutient la grève des cheminots" et refuse de 'criminaliser"le mouvement social. C'est bien aimable de sa part. Mais il faut se rappeler de deux ou trois choses. En politique, ce que nous fait le "new" FN (qui reste en fait très old faf), ça s'appelle la triangulation.
Vous prenez les idées de l'ennemi (les nôtres donc ici) pour les mettre au service du vôtre, c'est à dire en dernière analyse, du capitalisme le plus brutal. Mais vous le faites après avoir les neutralisées, ces idées, après leur avoir retiré leur charge révolutionnaire.
La même méthode qui consiste, si vous voulez, à démilitariser les armes à feu pour en faire des objets de vitrine.
Donc: expliquer, toujours, encore, inlassablement aux électeurs du FN et d'abord à cette fraction de la classe ouvrière qui s'égare que le vote MLP est d'abord un vote qui ne sert à rien, parce qu'il enlise et détourne leurs colères au profit d'une bourgeoisie elle-même menacée par les contradictions du capitalisme et qui n'a pas besoin, en plus, de retrouver en face d'elle une classe ouvrière à nouveau consciente d'elle-même. Il faut aussi éviter la moraline antifasciste qui ne prend plus. Il faut citer l'exemple Ménard élu par des pauvres à Béziers et dont les premières mesures sont contres les jeunes des quartiers et les chômeurs. 
Leur montrer que le FN capte leur vote, puis dans la foulée, leur fait la guerre.

mercredi 18 juin 2014

Valls, t'es foutu, les yéyés sont dans la rue!

Exclusif FQG: Sylvie Vartan apporte son soutien total au mouvement des cheminots!

Pour un gaullisme d'extrême gauche

Pour un appel du 18 juin contre le capitalisme et l'économie spectaculaire-marchande.
"Or, beaucoup de Français n’acceptent pas la capitulation ni la servitude, pour des raisons qui s’appellent l’honneur, le bon sens, l’intérêt supérieur de la Patrie."