mardi 16 septembre 2014

Pialat, écrivain.



La personnalité de Pialat, mort en 2003,  n’était pas aimable. Mais on paraît rarement aimable quand on refuse absolument toute concession aux goûts et aux convenances de son époque. On se souvient, le plus souvent, en ce qui concerne Pialat, de sa magnifique réponse, aux sifflets des festivaliers cannois lorsqu’il reçut la Palme d’Or pour Sous le soleil de Satan : «  Si vous ne m’aimez pas, sachez que je ne vous aime pas non plus ». Pialat a toujours fait partie de ceux, en effet, qui préféraient la colère à la peur, attitude qui paraît aujourd’hui plus que jamais comme profondément morale. Dans un monde placé sous le signe de la précarité et de l’oppression soft des politiques austéritaires présentées comme la seule alternative, si les gens se mettaient en rogne un peu plus souvent plutôt que de se confire dans la trouille aliénée de ceux qui croient encore avoir quelque chose à perdre, on aurait peut-être un paysage politique moins désespérant.
Pialat, qui a eu  une enfance célinienne entre ses parents ruinés et sa grand-mère qui l’a élevé, n’avait aucune raison de prendre des gants avec qui que ce soit. Et il ne les a pas pris, y compris dans ses amours. Son deuxième long métrage, Nous ne vieillirons pas ensemble (1972), décrit la décomposition d’un couple joué par Jean Yanne et Marlène Jobert.  On raconte d’ailleurs que Jean Yanne qui se révèle là un acteur extraordinaire, a failli en venir aux mains avec Pialat lors du tournage. Il y avait de quoi, pour ceux qui se souviennent du film. Il n’est pas facile de jouer un personnage odieux et malheureux à la fois, un mec abject avec une femme qui est sa maitresse et qu'il commence à l'aimer vraiment quand elle, elle se met à moins l’aimer.  Si on se fie à l’intrigue, on pourrait croire à du Harlequin, avec le triangle amoureux classique. Mais comme le remarquait Fanny Ardant chez Truffaut dans La Femme d’à côté, ce sont les chansons d’amour à la radio, mêmes idiotes et sirupeuses, qui disent la vérité de l’amour. Et Pialat, le génie de Pialat avait été dans Nous ne vieillirons pas ensemble de transformer une situation convenue en  chef d’œuvre.
Autre question, que se posèrent les spectateurs de Nous ne vieillirons pas ensemble : comment un film sentimental pouvait-il être aussi brutal ? La fin d’un amour aurait appelé plutôt à une forme de mélancolie élégante et non à ces répliques blessantes, ces paires de gifles, ce refus de l’attendrissement, cette psychologie au hachoir. On pourrait aller chercher une explication du côté d’une pudeur exacerbée ou d’une forme d’étrangeté à soi-même comme si précisément, on assistait à sa propre vie dans un film dont on ne serait même pas le metteur en scène.

Mais une  réponse plus précise est sans doute à trouver dans le roman qui donna naissance au film et qui reparait aujourd’hui dans cette collection d’Archipel/Poche intelligemment consacrée à exhumer les romans oubliés qui furent à l’origine de films restés célèbres. Nous ne vieillirons pas ensemble est un roman qui paraît deux ans avant le film, chez un éditeur relativement obscur. Comme le signale l’ami Le Guern dans son intelligente préface, Pialat a déjà 45 ans quand il publie ce livre et sa carrière est au point mort puisqu’il reste confiné à la réalisation de documentaires sans pouvoir réaliser les films qu’il voudrait. Le lecteur découvrira un texte qui ressemble déjà au Pialat cinéaste. Sur une trame très proche du film, le narrateur Jean vit encore avec sa femme Françoise qu’il trompe depuis des années avec Colette. Tout le monde est au courant dans le trio et dans leur entourage. Ce qui frappe, c’est la sècheresse du roman, une sècheresse qui confine à la désorientation, désorientation du lecteur et des personnages, parce que le narrateur parle de lui comme d’un étranger, se décrivant de manière purement comportementale à la façon d’un polar. Littéralement, il ne sait pas qui il est et ce qu’il pense. Il se raccroche à des bars, des bistrots, des rendez-vous, des errances sur les routes françaises des années 70 entre l’Auvergne, la Côte Normande, la Camargue, Paris.  On peut seulement arriver à deviner ce que les personnages ressentent dans les dialogues, et encore. Tous les bons cinéastes savent que les dialogues ne  sont là que pour ajouter à la confusion, surtout quand ils sont parfaitement ciselés au point de paraître vraiment naturels, ce qui est le comble de l’art.
Nous ne vieillirons pas ensemble, le roman, est donc celui de personnages nus et opaques à la fois, surexposés et pourtant insaisissables. Et au bout du compte, humains, trop humains.  On a là, du coup, une clé bouleversante pour comprendre un peu mieux le grand Maurice.
Paru sur Causeur.fr

lundi 15 septembre 2014

Propos comme ça, 10

Le communisme, c'est ne pas choisir entre le recueil de poèmes, le paquet de cigarettes et le petit coup de blanc quand tu t'installes en terrasse d'un bistrot. Et encore moins t'y installer, à cette terrasse, dans le temps que daignent te laisser les rapports de production mais quand toi, tu en as envie. Nous voulons tout.

Rêve d'enfant. Debout, devant les locaux du Medef, un mégaphone à la main et dire une phrase du genre: "Vous avez dix minutes pour vous rendre sinon nous ouvrons le feu."


Je suis désolé mais Aer Lingus ne me fait pas prioritairement penser à une compagnie aérienne.


62% des Français souhaitent la démission de François Hollande pour élire Nicolas Sarkozy. Ou Marine Le Pen. 62% des Français sont des vrais cons. Finalement, c'est étonnamment peu.
 

La seule chance que la Sierra Leone, le Liberia ou la Guinée ont d'intéresser la communauté internationale est d'annoncer qu'Ebola est un émir islamiste et qu'il a enlevé deux cents lycéennes. Et encore, ça va durer un mois. Bring back mon cul. 
 
Apple révise à la baisse ses objectifs sur le marché libérien. 
La pauvreté toujours aussi importante en France: l'appétit vient en mangeant une fois par jour.
 
L'été indien dans un monde de droite, ça vous en gâcherait presque l'élégance mélancolique et tiède.
 
Aux prochaines élections présidentielles, il y a de fortes chances que je vote Jacques Rozier. 

jeudi 11 septembre 2014

L'ange gardien, dans le Figaro, le Canard enchaîné et des blogues amis

Dans le Figaro, c'est notre petit frère Sébastien Lapaque qui s'y colle.
Dans le Canard, c'est Didier Hassoux qui a tout compris et qu'on remercie.

Et last, but not the least, le camarade Jean Marc fidèle au blogue et Christopher Gérard dans le Salon Littéraire

Notre 11 septembre.

Comme chaque année, c'est évidemment celui-là:



Guibourgé, ex-fan des eighties



Rien n’est plus compliqué, par les temps qui courent, que de faire de la littérature sans que les moralistes vous tombent dessus. Cela a toujours été un peu le cas : la littérature, la bonne, est suspecte de toute éternité pour ce qu’elle porte en elle de subversion, de provocation, de refus des assignations idéologiques. Va-t-on faire ce procès en moralité au dernier roman de Stéphane Guibourgé, Les fils de rien, les princes, les humiliés ? Voilà un garçon au style élégant, racé, ce qui n’étonnera personne car il fit ses premières armes, comme un peu nous tous, à l’ombre des hussards et des néo-hussards qui sont tout de même ce qui se fait de mieux pour apprendre à faire jouir le français sans pour autant trop le bousculer. Ce qui pourrait, par parenthèse, être aussi une définition du classicisme.

Mais ce style ne lui sert pas à raconter une histoire d’amour entre lecteurs de la presse de centre-gauche avec de vrais bouts d’érotisme dedans. Car, n’est-ce pas, pour être de centre-gauche, on n’en est pas moins très audacieux dans la sexualité. Il suffit de voir Christine Angot, comme elle est audacieuse, par exemple…  Non, Guibourgé est un intempestif qui préfère les alcools forts de la marginalité politique aux smoothies des émois trentenaires. Ce qu’il nous raconte, et les imbéciles qui persistent à confondre le je d’un narrateur et celui d’un auteur pourront toujours crier au loup, c’est l’histoire d’un skinhead qui avait dix-sept ans dans les années 80 et qui trente ans plus tard, alors que la cinquantaine approche, s’est installé au vert et cajole dans une tendresse inquiète sa femme et un fils de six ans pour qui il construit une maison. Mais Falco n’est pas dupe. Il n’aura pas l’impudeur de parler de rédemption. Simplement, il se souvient. C’est déjà assez compliqué de se souvenir sans encore avoir à demander pardon. D’ailleurs, se souvenir, c’est déjà demander pardon.  Pas la peine d’en rajouter, donc.

Le roman de Guibourgé est construit sur ce va-et-vient entre passé et présent. Les choses ont-elles tellement changé, d’ailleurs, en une grosse génération? Pour Falco, sans doute. Pour le monde, rien n’est moins sûr. Le Falco d’aujourd’hui retrouve les mêmes drames  sociaux, et donc humains, que ceux qu’il a connus dans les années 80, à l’époque où ça bastonnait sec dans les kops, où ça violait les filles arabes, juives ou gouines, afin de « tuer quelque chose en elles pour toujours. », à l’époque où ils étaient des bêtes fauves. Le narrateur de Guibourgé n’est fier de rien, il est parfaitement conscient que tout le monde se fiche de ses éventuels remords. Seulement, à l’époque où les froids statisticiens de l’économie alignent depuis leurs think tanks ou leurs cabinets ministériels des graphiques qui transforment les hommes en variable de gestion, parlent de flexibilité, de délocalisation, de compétitivité, il ne faut pas qu’on s’étonne d’enfanter des monstres. Quand on crée un enfer, il est assez logique qu’il soit peuplé de démons. Aujourd’hui, les intégristes dans les banlieues, hier les skinheads dont les pères, petits blancs et ouvriers fiers d’avoir contribué à la richesse des trente glorieuses, ont été traités comme des chiens, des « humiliés » alors qu’ils étaient des « princes ». On écoute Guibourgé décrire les années 80 ?  « La lutte des classes, ce n’est plus grand chose. C’est mon père qui a perdu son boulot, de nouvelles chaînes de télévision, des variétés, le sport, la pornographie. Un gouvernement qui détourne l’attention du peuple en organisant la mise en scène de son action. Sac de riz sur l’épaule du ministre étranger, chute dans le spectacle, fête de la Musique. »

Alors, forcément, pour Falco, il faut vivre malgré la mort symbolique du père, sentir les os craquer, le sang jaillir. On vole des bagnoles avec des gitans, on va en taule, on rentre dans la Meute, surnom de bande de skins, on boxe, on boit, on trouve même le moyen d’aller en fac. C’était absurde, puisque ça n’a rien changé, puisqu’aujourd’hui, au bistrot du village, il faut écouter un copain lui aussi victime d’un plan social, lui aussi subissant le même mépris politique, pire, la même indifférence.

Les fils de rien, les princes, les humiliés est un beau roman de colère rentrée et de sérénité introuvable. C’est surtout, et là est sa grande intuition, un livre sur la paternité comme unité de mesure idéale et tragique pour se rendre compte de la décomposition d’une époque : « Je n’oublie rien. L’enfance, l’Usine et les coups. Les stades, le Meute et la prison. Puis un matin je me retrouve près de lui à l’hôpital. Une vie a passé. Il ne peut pas se lever. Alors, je le prends dans mes bras. »

Stéphane Guibourgé, Les fils de rien, les princes, les humiliés, Fayard, 2014.
paru sur Causeur.fr

lundi 8 septembre 2014

Propos comme ça, 9

L'Ecosse, d'après les derniers sondages, pourrait devenir indépendante. Dans ce cas, je me fais naturaliser sur l'heure car j'aime les rousses aux yeux gris, le Laphroaig, le saumon fumé, les îles et j'ai toujours rêvé d'apporter ma contribution à la déconstruction des stéréotypes en me promenant les couilles à l'air sous une jupe plissée.


 19 ans, nue, couverte d'huile d'olive, elle blesse deux policiers (Le Parisien). Elle est présentée comme démente, ce que je trouve injuste. Quand on a 19 ans, dans ce monde-là, y a t il un geste plus sensé que de se mettre nue, de s'enduire d'huile d'olive et de blesser des flics?


En français, par exemple, le mot "livre" désigne le recueil de poèmes de Jean Follain que je suis en train de lire et le vomi de Valérie Trierweller. Il faudrait tout de même réfléchir à un vocable pour désigner l'ensemble des faux livres. Un mot sans histoire, sans racine, sans étymologie. Des syllabes aléatoires choisies par un logiciel. Je ne sais pas, moi, "barloume", par exemple. "Bonjour monsieur, je désirerais ce livre de Jean-Claude Pirotte et puis, tenez, je vais vous prendre le dernier barloume sur le développement personnel, c'est rapport à ma grand mère qui est devenue New Age."

Assez étrangement, la droite attaque Najat Vallaud Belkacem mais pas Emmanuel Macron qui est pourtant lui aussi un ministre de gauche. Ou alors, il y a quelque chose qui m'a échappé...


Soyons honnêtes et lucides. Le succès du livre de VT est dû à son obscénité, sa pornographie profonde. Il aurait fallu qu'elle aille jusqu'au bout dans la confusion définitive entre les deux corps du roi (Kantorowicz). Bref qu'elle dise comment FH baise. S'il aime de temps en temps un doigt dans le cul, s'il est nul en cunnilingus, quelle est la taille de sa bite, s'il jouit en appelant sa mère. Là, je la trouve limite petite joueuse. Mais ce sera sans doute pour le second volume "Merci pour ce moment dans ton cul."


Le couteau entre les sans-dents. 



 

samedi 6 septembre 2014

Comment rendre votre bibliothèque incontrôlable?


Vous savez de quelle manière une bibliothèque commence à devenir incontrôlable?
Prenons un exemple. Vous lisez Jean-Claude Pirotte ou, plus précisément vous essayez de lire tout de lui parce que vous ne pouvez plus vous en passer. Ses livres s'accumulent, pour votre bonheur, autour de la demi-douzaine de titres que vous possédiez déjà. A un moment, tout de même, vous vous dites, Pirotte parle sans arrêt d'André Dhôtel, et vous savez tout de suite, à la manière dont il en parle, que vous allez aimer et même sans doute un peu plus que ça.
Comme vous n'avez rien d'André Dhôtel dans votre bibliothèque et que vous avez un souvenir d'enfance plus que lointain du Pays où l'on n'arrive jamais, vous allez chez Gibert, pour vous procurer un  titre d'André Dhôtel. Un seul, bien entendu, promis, juré. Mais voilà, il y en a plein d'occase dans le rayon des poches. Alors, après une brève hésitation, vous en prenez deux, puis trois, puis quatre.
Vous vous sauvez vers le rayon poésie pour échapper à la tentation. Devant le  rayon poésie, vous vous rappelez que Dhôtel, d'après Pirotte, a aussi écrit de la poésie. Au point où vous en êtes. Vous la cherchez, vous ne la trouvez pas. Mais, bing, vous tombez sur un recueil de...René Fallet! Vous n'en aviez jamais entendu parler. Pas de Fallet, bien sûr, mais de la poésie de Fallet. Vous ouvrez le recueil dans l'espoir de vous convaincre que ce n'est pas bon, secondaire, accessoire. Vous lisez alors ça:

Ce qu'il aimait, c'était le gris
Les tripes, le Pouilly, la photographie à plaques,
La politique, les meetings, les bras de chemise
Ca le saoulait, c'était sa poésie.


Vous prenez donc le Fallet. Forcément.
Et puis vous comprenez, de retour chez vous, en regardant  les rayonnages surpeuplés, les piles un peu partout dans la maison, qu'à moins de devenir millionnaire ou qu'une société réellement communiste n'advienne, vous n'aurez jamais le temps de tout lire parce qu'il faut travailler, paraît-il. Il n'empêche, en attendant d'aller à la Braderie de Lille en ce premier week-end de septembre manger des moules et des frites sur le stand du Parti, vous allez lire Dhôtel, Pirotte, Fallet avant de faire ce que vous aviez à faire. Le seul avantage de l'âge
, c'est que vous culpabilisez de moins en moins, ce qui fait encore beaucoup trop mais il faut dire que vous partiez de proportions quasi ashkénazes.

Une soirée à la librairie Charybde

Des amis, des inconnus, des camarades et des lecteurs qui connaissent nos goûts et nos dates et qui pour notre cinquantenaire nous ont apporté en cadeau du vin et des livres.








L'Ange gardien, suite des opérations.

Deux papiers sur l'Ange Gardien, l'un, sensible et fraternel, du camarade Arnaud Le Guern, pour le Service Littéraire, que l'on pourra lire ici.
L'autre du fidèle Gaël Golhen dans Techknikart du mois de septembre que l'on pourra lire ci-dessous:

jeudi 4 septembre 2014

Au chic communiste, 18

Marina Ginesta, combattante  espagnole de 17 ans, sur les toits de Barcelone en 1936, pendant la guerre d'Espagne.

mercredi 3 septembre 2014

dimanche 31 août 2014

Merci l'Huma Dimanche...

qui paraît le jeudi, comme chacun sait.



samedi 30 août 2014

Exergues possibles pour des mémoires désobligeants, 16

Congrès international de la peur

Provisoirement nous ne chanterons pas l'amour,
qui s'est réfugié plus bas que les souterrains.
Nous chanterons la peur, qui rend stériles les embrassades,
nous ne chanterons pas la haine car elle n'existe pas,
seule existe la peur, notre mère et compagne,
la grand-peur des sertôes, des mers, des déserts,
la peur des soldats, la peur des mères, la peur des églises,
nous chanterons la peur des dictateurs, la peur des démocrates,
nous chanterons la peur de la mort et la peur d'après la mort,
et puis nous mourrons de peur
et sur nos tombes pousseront des fleurs jaunes et craintives.


Carlos Drummond de Andrade

vendredi 29 août 2014

jeudi 28 août 2014

Pirotte, donc.

"Ne raconterait-on que ses manies anciennes, ses souvenirs de lectures, et, pour en retrouver un instant la saveur, ses émerveillements des temps candides, est-ce que cela déjà ne nous absoudrait pas, ou presque?"

Jean-Claude Pirotte, Rue des Remberges (Le temps qu'il fait)

Propos comme ça, 8




 "amis je vous écris simplement pour vous dire que vous
 et moi sommes encore en vie:
 il ne faudrait pas perdre la chose de vue"
Daniel Biga, L'amour d'Amirat (Cherche-Midi)



Il est tout de même bizarre, ce monde. Dans la même après-midi, lire Daniel Biga qui me donne envie de prendre la route et une déclaration de Gattaz qui me donne envie de poser une bombe. En plus, je sens bien que la météo des plages va s'arrêter à la téloche. Et ça, ça m'a toujours foutu un cafard monstre.



Medef est servi.


Pour la rentrée scolaire, petit exercice de révision.
Conjuguez aux temps et aux modes qui conviennent les verbes entre parenthèses: "Nous (avoir payé) les études du ministre-banquier Macron à l'ENA pour qu'il (aller) se faire des couilles en or en pantouflant chez Rotschild et nous (être) de vrais cons."


Vous êtes Français? Vous êtes délinquant? Choisissez une carrière d'avenir. Faites vous nommer à la tête du FMI.


Quand tu voles à un étalage, t'es un délinquant allogène islamisé. Quand tu truandes un arbitrage dans ton ministère pour un patron véreux, tu es "négligent."


Christine Lagarde mise en examen pour négligence dans l'arbitrage Tapie. Une dame si bien coiffée.


-NVB à l'éducation nationale, tu ne vas pas me dire que...
-Tais-toi, raciste, misogyne, affreux!
-Mais Macron à l'économie qui vient directement de la banque Rothschild...
-Et en plus, t'es antisème! Salopard, islamiste, Gazaoui!


En ne faisant pas entrer Edgar Faure et Robert Fabre, Valls prouve bien qu'il tourne le dos à la gauche. 


Valls, lecteur de Chamfort: "Vous ne trouverez pas d'homme plus valet que moi." 
   


mercredi 27 août 2014

Merci Livre-Hebdo!

Dans Livre-Hebdo de cette semaine, Alexandre Fillon annonce la parution de L'Ange Gardien, le 4 septembre, dans un bel article qu'il termine par un compliment à faire rougir:"Parfaitement orchestré, "L'ange gardien" parle tout à la fois d'amour, de politique et de mélancolie. On y retrouve la prose affûtée et le regard singulier d'un Jérôme Leroy au sommet de sa forme".

mardi 26 août 2014

Décence

A la nomination du gouvernement Valls II et à celle d'Emmanuel Macron au ministère de l'économie et de la banque, le Medef a su adopter une réaction aussi décente que mesurée.

lundi 25 août 2014

La France vient d'échapper de peu à un pustch marxiste

La nuit où Valls sauva la République
Cette nuit, la France a évité le putsch de peu. Sans la fermeté du président Hollande et de son Premier ministre Valls, le complot bolchévique mené par les ministres félons Montebourg, chargé de l’Economie, et Hamon de l’Education nationale,  aurait pu infléchir la politique économique de la France dans une direction suicidaire. Alors qu'il suffit d’attendre que la conjoncture se retourne, comme dit Michel Sapin depuis quelques années maintenant, qui sait parfaitement mouiller son doigt pour sentir d’où vient le vent, ce qui est la première compétence demandée à un ministre des Finances français en ces temps d’ordolibéralisme européen. On a d’ailleurs une pensée pour Michel Sapin, voisin de bureau de Montebourg, qui doit soupirer de soulagement ce matin car si le putschiste Montebourg avait réussi, il aurait bien pu se retrouver en résidence surveillée dans sa bonne ville d’Argenton-sur-Creuse, bien qu’il ait presque trouvé le moyen de la perdre aux dernières municipales.
Si vraiment on cherchait la petite bête, la seule chose que l’on pourrait reprocher au tandem de l’exécutif, c’est d’avoir si longtemps entretenu de telles vipères en leur sein, et à des postes aussi sensibles. Hamon, au contrôle de la jeunesse à travers ses milices syndiquées de profs barbus d’économie prônant le tout-Etat et de profs féministes de SVT cherchant à pervertir les enfants dans l’indifférenciation sexuelle. Montebourg, en mesure de contrôler tout Bercy et d’imposer un discours irresponsable auprès duquel la NEP de Lénine ferait figure de bluette. Qu’a osé dire en effet Montebourg, alors qu’il réunissait ses amis factieux dans la Bresse ? Des menteries, des coquecigrues, des billevesées déguisées sous le masques de truismes qu’il aurait voulu faire passer pour du bon sens : « La relance de la demande est la condition de la réussite de la politique de l’offre qui a été faite depuis deux ans. On ne peut rien vendre aux Français s’ils n’ont pas des revenus suffisants” Et puis quoi encore, alors que chacun sait que seule la politique de l’offre est responsable. Le président en a même fait un pacte. Plus loin encore, Montebourg éructe : « Il faut donner la priorité à la sortie de crise et faire passer au second plan la réduction dogmatique des déficits, qui nous conduit à l’austérité et à la montée continue du chômage.” Il est dur d’aller plus loin dans l’impudence. La réduction des déficits est un impératif catégorique sinon après, c’est nos enfants qui hériteront de la dette et qui n’auront plus d’hôpitaux, d’écoles ou de retraite comme les petits Grecs. Bon, en même temps, les Grecs, ils ont réduit les déficits et ils n’ont quand même plus d’école, de retraite et de Sécu mais ne compliquez pas tout, voulez-vous ?  Vous n’allez tout de même pas inverser les rôles et accuser les pragmatiques Valls et Hollande d’être enfermés dans une idéologie alors que ce sont Hamon (qui avait rejoint son compère à la Fête des traîtres) et Montebourg qui ont une vision faussée de marxistes attardés ou de keynésiens intégristes, allez savoir.
Mais leur manœuvre a été déjouée. François Hollande, qui connaît bien l’histoire, a été alerté par l’interview de Montebourg dans Le Monde qui lui a sans doute rappelé  comment s’est déclenché la Révolution Culturelle de Mao à partir d’un simple article critiquant une pièce de théâtre dans un journal de Shanghaï.  La réaction ne s’est pas fait attendre, c’est bien. Il y aura des têtes sur le plateau que Valls apportera aux prochaines journées du Medef.  Avec un peu de chance, celle de l’inconséquente Aurélie Filippetti qui a apporté son soutien aux rebelles alors qu’elle n’est même pas capable de tenir ses intermittents et de Christine Taubira, grande responsable du vidage des prisons et de la décadence de nos mœurs qui en plus est également partisane d’une économie planifiée, de celle par exemple qui paupériserait les Français au point que moins d’un sur d’eux ne parte en vacances.
On ne félicitera pas pour conclure monsieur Dupont-Aignan qui accuse l’exécutif d’avoir procédé à cette purge pour complaire à Madame Merkel. C’est tout à fait faux et déplacé. D’après nos informations, la chancelière n’a montré aucune exigence particulière sur la couleur des moquettes que choisira le futur ministre de l’Economie pour son bureau.
paru sur Causeur.fr

jeudi 21 août 2014

L'Ange Gardien dans Transfuges, en attendant le 4 septembre

On remercie Elise Lépine pour sa "précritique" diablement bien tournée dans Transfuges de septembre 2014 en kiosque depuis la mi-août.



mardi 19 août 2014

Propos comme ça, 7

Catherine Spaak, nue, lisait Les Présocratiques en Pléiade sur la plage.
Quand elle s'est aperçue que je la regardais avec insistance, elle m'a demandé comment je m'appelais.
-Empédocle, j'ai dit. Et j'ai perdu une espadrille...
Après tout, qui ne tente rien n'a rien.


Ce que je préfère, c'est le Bushmills et le Chinon. L'année prochaine, penser à aller en vacances moins loin, dans l'Eire et Loire par exemple.


CFDT: l'idole des jaunes.


Petite annonce: cherche, pour les dix ans à venir, pays oublié du monde, au climat chaud et sec, pourvu d'une façade maritime où l'on danse sur les plages, sans crispations ethnico-religieuses, sans inégalités sociales criantes, produisant si possible un vin loyal et doté d'une monnaie faible. Répondre ici même.

  
Vous vous souvenez de l'époque où il y avait des gens de gauche? 


Un document rare, repéré par notre ami le baron rouge. On vous reparlera de lui. Je crois qu'on atteint des sommets de bêtise, de connerie, de nullité littéraire (c'est le plus grave) et de saloperie idélogique. Lisez-le attentivement. Qu'on ne vienne plus jamais, jamais m'emmerder avec "Oui mais Aragon et son poème pour la guépéou, nia, nia, nia." Au moins, c'était dada et drôle. Là c'est prudhommesque, voire présénile. 


A quelque chose malheur est bon. L'ordolibéralisme merkélien aura fait disparaitre presque totalement le touriste allemand. Soit parce que la modération salariale germanique n'est pas un vain mot, soit parce que l'Allemand en chorte n' a pas vraiment envie d'éprouver la popularité de sa chancelière sur le terrain. 


Devant le bel immeuble des camarades du KKE, au Pirée. Je ne dis pas qu'ils ne sont pas un peu stals, je ne dis pas qu'ils ne sont pas parfois un peu psychorigides à l'idée d'une allliance avec Syriza. Non, c'est juste que ce sont des camarades. Et qu'il y a un peu moins de quarante ans, ils luttaient encore dans la clandestinité contre la dictature des Colonels.
 


samedi 16 août 2014

...un poème par jour.

"J'avais envie d'écrire un poème par jour. Dans le temps, quand je vagabondais, c'est ainsi que je me souvenais des lieux. Un arrêt, un poème, trois vers, trois mots, le nom d'une rue, d'une place, d'un inconnu dont le buste vert-de-gris paraît frisonner sous le soleil chauffé à blanc." Jean-Claude Pirotte, Le voyage en automne.

jeudi 14 août 2014

Tous les rêves du monde

"Não sou nada.
Nunca serei nada.
Não posso querer ser nada.
À parte isso, tenho em mim todos os sonhos do mundo."

Dominique Noguez ou l'érudition heureuse




Il existe une érudition heureuse et Dominique Noguez est son prophète. Voilà un écrivain qui nous enchante depuis longtemps par son gai savoir jamais didactique et son humour poli, discrètement désespéré, bien éloigné de ce ricanement contemporain si répandu qui cache trop souvent des crispations haineuses. Lisez, par exemple, pour vous en convaincre, La véritable origine des plus beaux aphorismes. C’est une lecture d’été idéale. On ne vous garantit pas que ce court manuel maintiendra votre serviette sur la plage mais il y a de fortes chances que vous le feuilletiez encore quand l’automne sera venu car ce livre a pour vocation de devenir ce qu’on appelait jadis un vade-mecum. Un peu plus de quatre-vingt citations sont examinées, expliquées, traquées serait-on tenté de dire, par un Noguez détective pour qui la citation est une affaire trop sérieuse pour être laissée à ces citeurs (ou citateurs) inconséquents qui veulent briller en société et multiplient les contresens ou les approximations.

Trouver l’origine exacte d’une citation n’est pas une manie universitaire, c’est, nous dit Noguez, aider le lecteur « à pousser ses investigations, à faire de quelques mots un tremplin pour plonger dans un océan inconnu et merveilleux, pour, comme on dit se cultiver-mais pas seulement : pour penser aussi, et, qui sait, pour changer sa façon de penser. »

D’autant plus, comme c’est le parti pris ici, quand la citation a la forme de l’aphorisme, c’est à dire d’une arme de précision qui flirte toujours un peu avec le paradoxe et qui utilise comme ligne de mire le deuxième degré, ce deuxième degré dont on a l’impression, par les temps qui courent, qu’il n’est plus compris de grand monde. Prenons par exemple cette phrase de Térence qui était apparue à Montaigne lui-même comme le résumé le plus parfait de la philosophie humaniste au point qu’il l’avait inscrite sur les poutres de sa célèbre bibliothèque : « Je suis homme : rien de ce qui n’est humain ne m’est étranger. » Ce n’est pourtant à l’origine, nous explique Noguez que la réplique vexée et maladroite d’un personnage  de comédie à qui on a surtout demandé de se mêler de ses affaires…

Au menu, on trouvera d’ailleurs beaucoup d’Anciens, Hésiode, Plaute, Pline l’Ancien ou encore Martial dont Noguez a traduit naguère les épigrammes hautement pornographiques, mais aussi des classiques, des grands romanciers du XIXème, des esprits acérés fin de siècle comme Jules Renard ou Laurent Tailhade ou même des contemporains inattendus tel le metteur en scène Sam Karmann qui, dans La vérité ou presque, un film de 2007, fait dire à un de ses personnages « On peut s’aimer pour toujours mais pas tout le temps ». Commentaire de Noguez qui sait aller au-delà l’apparente banalité de la phrase : « Elle est remarquable, car elle mêle deux temporalités : celle des grands serments, celle de Tristan et Yseult ou de Roméo et Juliette, et celle de la petite vie quotidienne. Celle de l’absolu et du relatif. Celle du continu et des pointillés. Celle du ‘ Jusqu’à la mort’ et celle du ‘ N’oublie pas qu’on se lève demain matin.’»

Pour ma part, je suis particulièrement reconnaissant à Noguez de faire une place à Scutenaire, surréaliste belge et aimable anarchiste trop méconnu dont l’œuvre est uniquement composée d’Inscriptions où l’on trouve cet aphorisme mémorable « C’est mon opinion ; et je ne la partage pas » qui m’a toujours semblé une devise idéale pour Causeur.

La véritable origine des plus beaux aphorismes, Dominique Noguez, Payot.

On signalera également de Dominique Noguez la réédition de Comment rater complètement sa vie en onze leçons. (Rivages/Poche)

Paru sur Causeur.ft

mercredi 13 août 2014

Mort d'un polygraphe belgo-australien

-Simon Leys est mort! -Qu'est-ce que tu veux que ça me foute?
La mort de Simon Leys, qui est somme toute un écrivain assez verbeux et répétitif préfaçant ses postfaces indéfiniment et postfaçant ses préfaces si bien qu'on ne trouve jamais où est le livre lui-même, présente une particularité intéressante. Il est pleuré aujourd'hui par tous les néoréacs qui l'insultèrent à l'époque où ils étaient maoïstes avant de devenir les relais zélés du noéoconservatisme et de l'islamophobie raciste la plus crasse.
Sinon, Simon Leys est aussi l'auteur de quelques récits maritimes qui sentent la rédaction conradienne, d'une uchronie amusante sans plus sur Napoléon et d'une formidable intuition que personne n'avait eu avant lui: Orwell serait un auteur antitotalitaire.
La droite anticommuniste néocon qui lit d'ailleurs Leys comme elle lit Orwell, pour des raisons de récupération interne et d'autoamnistie, chouine à chaudes larmes, donc. Mais moi je n'oublie pas la beauté radieuse du Détachement Féminin Rouge qui vaut toutes leurs rancoeurs vaguement honteuses d'ex de la la GP ou du PCMLF dirigeant désormais des journaux, émargeant au Medef ou donnant des leçons d'un air grave à la terre entière sur la fin de la culture française et l'ensauvagement de banlieues qu'ils ne voient jamais.
Assumez, les gars, vous étiez  beaucoup plus marrants quand vous bandiez pour les gardes rouges en jupette...
Vive émotion chez les néo-réacs en tenue de deuil traditionnelle.


lundi 11 août 2014

Loin


Nous sommes tous des ponts byzantins oubliés, et qui ne mènent plus nulle part.

Exergues possibles pour des mémoires désobligeants, 15

"J'ai préféré les bistrots, en ces années profondes où le vin se montrait encore loyal, et aussi le cognac, dans les provinces que peuplaient avec un sérieux bienveillant les platanes. J'ai vieilli comme on prolonge une fête, quand les bonnes âmes sont au chaud, que les lampions pâlissent, et qu'une envie d'huitres et de sancerre vous étreint telle une mélancolie future."
Jean-Claude Pirotte, Un voyage en automne.