dimanche 8 novembre 2009

Les grandes réussites géopolitiques de notre temps

Femme libre, toujours, tu chériras le mur.


On nous casse les burnes assez puissamment ces temps-ci avec la Chute du Mur de Berlin, qui a ouvert une période de bonheur sans fin pour l'humanité, comme on peut s'en rendre compte, notamment dans le tiers-monde, le quart-monde, les banlieues qui sombrent, les usines délocalisées et les abattoirs mondialisés des précarités diverses.
J'ai donc le plaisir de vous présenter notre invitée de la semaine, Nadiejda. Elle est toxico, seropo et pompeuse de routiers sur le périph.
Elle a tout juste l'age de la chute du mur de Berlin. On lui laissera donc dire que vingt ans est le plus bel âge de la vie.
Bienvenue dans le monde libre, Nadiedjda, et ne mets pas les dents, salope...

mercredi 4 novembre 2009

La possibilité du communisme







Sur le Piton d'eau, avec les derniers éleveurs de boeufs en liberté de l'île, au flanc du volcan. 60 têtes environ pour 4000 hectares. Une insulte à l'agriculture productiviste.
Boucan clandestin, ciels changeants, on est à près de 2000 mètres.
Ils vivent là deux jours sur trois, traqués par l'ONF, le Parc, Bruxelles. Leur élevage traditionnel abimerait l'environnement. C'est pour cela sans doute qu'ils ont pu nous offrir tout ce qu'on trouve naturellement dans un rayon de deux cents mètres: le miel sauvage et les piments, le gingembre et les grenadines galets, j'en passe et des meilleures, comme la zamal que l'on fume sans tabac pour ne pas perdre son goût de fleurs. Elle vous envoie, accompagnée par le rhum arrangé avec le camphre, le citron, les écorces de benjoin et les noix de cola, en vol supersonique à basse altitude dans la ravine et sur le cuivre de l'Océan Indien.
Zamal airlines.
Quand vous revenez, on parle à nouveau. On parle politique, agriculture biologique, refus du marché, bonheur d'être au monde, là, avec une morale des sommets. L'odeur de bois fumé entête.
Et l'on ne sait plus si on a affaire aux derniers hommes libres du monde d'avant ou aux premiers de l'âge des nouvelles émancipations.
On est venu pour leur faire écrire sur tout cela.
On aura besoin de toutes les expériences d'utopies concrètes, de tous les témoignages quand l'effondrement prochain de la sphère technomarchande fera apparaître l'hypothèse communiste dans toute sa radieuse beauté matinale et qu'il faudra, ce coup-ci, ne pas la rater et l'étreindre comme une amoureuse de la dernière chance.

"Le communisme, c'est le retour total de l'homme à soi, en tant qu'homme social, c'est à dire humain."
Karl Marx, Manuscrits de 1844


lundi 19 octobre 2009

On s'en va...


Nous jetâmes l’ancre, Madame,  
Devant l’île Bourbon

À l’heure où la nuit sent si bon
Qu’elle vous troublait l’âme.


(Ô monts, ô barques balancées
Sur la lueur des eaux,

Lointains appels, plaintes d’oiseaux
Étrangement lancées.)


Paul-Jean Toulet, Les Contrerimes

Bourre-pif

On se cogne Europe Ecologie sur Causeur. Ca fait du bien.

samedi 17 octobre 2009

Ca n'a pas d'importance

Dans un pays apparemment réduit à l'hystérie communautariste des néofascistes ou à l'attitude purement tribunicienne et puritaine de quelques gauchistes sociétaux, nous, marxistes à sang froid, communistes maintenus, archéojacobins lyriques, avons des choses plus urgentes à faire. Notamment partir à La Réunion pour faire de l'éducation populaire avec Colères du Présent et puis aussi, pour nos aimables abonnés, continuer à vous faire redécouvrir les Surfs, nos Platters à nous, qui chantaient du doo wop français sous De Gaulle.
Ca n'a pas d'importance est un bijou de désinvolture discrètement amère, de légèreté inquiète, de second degré élégant, d'ironie antiphrastique, bref, tout ce qui manque à ce temps à front de taureau, où les flics de la pensée ont en littérature et en art la même méthode que les flics d'Hortefeux ont en banlieue.
Alors, pour oublier tous les cons, retrouvons l'élégance des Surfs et allons boire une ou deux bouteilles de Saumur Champigny Terres Chaudes de Thierry Germain en bonne compagnie.

jeudi 15 octobre 2009

En meute


"Dans un moment de lucidité, Winston se vit criant avec les autres et frappant violemment du talon contre les barreaux de sa chaise. L'horrible, dans ces Deux Minutes de la Haine, était, non qu'on fût obligé d'y jouer un rôle, mais que l'on ne pouvait, au contraire, éviter de s'y joindre. Au bout de trente secondes, toute feinte, toute dérobade devenait inutile. Une hideuse extase, faite de frayeur et de rancune, un désir de tuer, de torturer, d'écraser des visages sous un marteau, semblait se répandre dans l'assistance comme un courant électrique et transformer chacun, même contre sa volonté, en un fou vociférant."


George Orwell, 1984

lundi 12 octobre 2009

Récidive

On en remet une couche pour Polanski chez Causeur.
Mêmes réactions, exactement, de lyncheurs chez certains commentateurs réacs crypto-antisèmes que chez l'extrême gauche sociétale et morale.
On en est là? On en est là.
Karl Marx vaincra.

Menefreghista, communisme et mint julep


En italien, menefreghista est
l'équivalent du dilettante, du gars à la coule, qui n'en a rien à fiche. Dean Martin était un vrai menefreghista. On pourra lire ou relire l'excellente biographie de Nick Tosches, Dino (Rivages), à ce sujet.
Et son élégance fait du bien, son manque absolu de sérieux, son sens de l'autodérision et son goût délicieusement exagéré pour le bourbon. A l'heure où les néo-puritains de tous bords sévissent dans la haine la plus irrationnelle du plaisir et de l'art, nous rappelons ici notre profession de foi(e) aux buveurs d'eau "révolutionnaires" et pisse froid de la gonflette ethnodifférentialiste: le communisme sera balnéaire, sexy et poétique ou ne sera pas.
En attendant, on écoute Dean Martin qui chante et picole à la fois. Me ne frego, moi aussi Dino!

samedi 10 octobre 2009

Moi, Joseph K, cinéaste, déjà mort à Cracovie...


Il avait toujours su, au plus profond de lui, que la chose innommable qui l'avait raté de peu dans le ghetto de Cracovie en septembre 39, puis dans sa villa californienne en août 69, le retrouverait un jour ou l'autre. Ca vous retrouvait à chaque fois. On pouvait retarder le moment, faire diversion et, avec un peu de chance, laisser cinq ou six chef-d'oeuvres derrière soi mais ça ne vous oubliait jamais.
Jamais.

Qu'il lui faudrait, sale petit juif errant, artiste en plus, prendre sur lui tous les péchés du monde. C'était quand même beaucoup plus facile de s'attaquer à lui. De se refaire une virginité en l'écorchant vif alors qu'on acceptait à peu près tout de cette société-là, du management par la terreur aux désastres écologiques, de la surveillance planétaire généralisée aux bombardements massifs de populations civiles et de la domestication du vivant aux néo-virus émergents.
Les SS, Charles Manson et puis, pour finir, l'Empire du Bien.
Il allait payer. Et cher. Il était là pour ça, en fait. Depuis le commencement des temps.
Allez, ordure, descends, c'est l'heure...

mardi 6 octobre 2009

Dante dans la salle des marchés


"La gente nuova e i subiti guadagni
orgolio e dismisura han generata
Fiorenza, in te, si che tu gian ten piagni"

"La gent nouvelle et les gains trop soudains
ont engendré orgueil et démesure
Florence, en toi, et déjà tu en pleures."

Dante, Enfer, XVI